Société

L’ambassadeur de France tué lors des troubles opposant soldats mutinés et forces loyalistes à Kinshasa

moluki ·

Les troupes fidèles au maréchal Mobutu avaient repris le contrôle d’une partie de Kinshasa ce vendredi 29 janvier au matin, après la violente mutinerie de soldats qui, la veille, s’étaient livrés à de nombreuses exactions dans la capitale. L’ambassadeur de France au Zaïre, Philippe Bernard, a été tué par des balles perdues.

Les troubles ont éclaté jeudi après le versement des soldes aux militaires du camp Kokolo, au cœur de la capitale, et du Centre d’entraînement des troupes aéroportées (CETA), près de l’aéroport. Les soldats avaient été payés en billets de 5 millions de zaïres, des coupures refusées par les commerçants, l’opposition les ayant déclarées sans valeur.

Comme en septembre et octobre 1991, les mutins se sont adonnés à des pillages. Dans les quartiers résidentiels, des maisons ont été saccagées, des véhicules volés et des magasins dévalisés. Désertées par la population, les artères de la ville étaient parcourues par des groupes de militaires armés tirant en l’air et rançonnant tout ce qui se trouvait sur leur passage. En tentant de rétablir l’ordre, les membres de la Garde présidentielle, fidèles au président Mobutu, ont tué plusieurs mutins, selon des témoins.

L’ambassadeur de France, Philippe Bernard, se trouvait en fin d’après-midi dans son bureau, au quatrième étage de la chancellerie. C’est en voulant observer la situation à travers un rideau, après avoir éteint les lumières, qu’il a été tué. Il aurait été victime de balles perdues alors que de violents tirs étaient échangés entre une auto-mitrailleuse dont on ignore l’appartenance et des militaires à pied sur le boulevard du 30-Juin, la principale artère du centre-ville où se trouve l’ambassade de France.

Philippe Bernard a été atteint de deux balles, l’une en pleine poitrine et l’autre à la main.

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