Culture

Naissance d’une littérature : un « Évolué » du Congo se démarque

ELIMA ·

Un an après avoir remporté le tout premier concours littéraire en langue française réservé aux « autochtones » du Congo et du Rwanda-Urundi, Paul Lomami-Tshibamba voit enfin son texte Ngando (Le Crocodile) publié à Bruxelles. Ce conte, achevé dès mai 1948 et primé lors de la Foire coloniale de Bruxelles avec une dotation exceptionnelle de dix mille francs, s’impose déjà comme le premier roman moderne d’Afrique centrale. Né en 1914 à Brazzaville et élevé entre les deux rives du fleuve Congo, l’auteur signe avec ce texte, empreint de croyances liées au Kindoki (la sorcellerie), une œuvre qui marque, à bien des égards, la naissance de la littérature congolaise d’expression française.

Au-delà de sa valeur littéraire, la publication de Ngando revêt une portée symbolique forte : pour la première fois, une œuvre de fiction signée par un écrivain congolais s’impose sur la scène éditoriale bruxelloise, à une époque où l’accès des « Évolués » à la reconnaissance culturelle reste largement contrôlé par l’administration coloniale. Ce texte, salué pour son originalité et la richesse de son univers, place d’ores et déjà Paul Lomami-Tshibamba parmi les voix les plus prometteuses des lettres congolaises naissantes.

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