Ce jeudi 12 février 1925, peu avant huit heures, l’aérodrome de Haren a été le théâtre d’un événement qui restera sans doute dans les annales de l’aviation belge.
Sous les yeux d’une foule nombreuse et des plus hautes autorités du pays, trois hommes se sont élancés vers le sud à bord d’un appareil baptisé Princesse Marie-José.
Il s’agit d’Edmond Thieffry, as de la dernière guerre et l’un des fondateurs de la Sabena, accompagné du pilote Léopold Roger et du mécanicien Joseph de Bruycker. Leur machine, un Handley Page trimoteur fourni par la Sabena, porte le nom de la fille de Sa Majesté le Roi Albert Ier. Elle a été spécialement aménagée pour cette entreprise audacieuse : relier Bruxelles à Léopoldville, capitale du Congo belge, par la voie des airs.
C’est la première fois qu’un aéronef belge tente d’établir une liaison directe entre la métropole et sa colonie africaine. Le parcours, estimé à plus de huit mille kilomètres, traverse l’Europe, la Méditerranée, le Sahara et les immensités de l’Afrique centrale. Les aviateurs savent qu’ils devront multiplier les escales pour le ravitaillement et faire face aux aléas de la météo, aux tempêtes de sable et aux éventuelles pannes mécaniques.
Malgré les risques, l’enthousiasme est grand. Thieffry, déjà célèbre pour ses exploits aériens, incarne l’esprit de hardiesse de notre aviation. Ce raid, s’il aboutit, marquera une date dans l’histoire des communications coloniales et prouvera une fois de plus le génie inventif belge.
Tandis que la Princesse Marie-José poursuit sa route vers le sud, Bruxelles suit avec émotion le début de cette aventure. L’espoir est vif de voir bientôt nos trois compatriotes atteindre sains et saufs le sol du Congo.



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